De aide soignante à hypnothérapeute salariée en clinique : un parcours qui va faire changer le monde médical.

Marie-Hélène DINI interview Laetitia Petit 

Découvrez le parcours de reconversion de laetitia Petit, Hypnothérapeute en clinique. Un parcours inspirant qui fait avancer le monde médical.

Retranscription de l’échange entre Marie-Laetitia Petit et Marie-Hélène Dini.

 

Laetitia PETIT, que faisais-tu avant cette formation ? 

J’étais aide-soignante depuis 15 ans et j’ai pratiqué le métier d’aide-soignante pendant dix ans aux urgences d’Annecy.

 

Qu’est ce qui a fait justement que tu as eu envie à un moment donné de te former à l’hypnose ?

Afin d’accompagner les personnes différemment : aux urgences je n’avais plus le temps de prendre soin des gens comme je le souhaitais et je me suis dit qu’il fallait que je puisse faire une formation adaptée pour prendre en charge correctement les patients, comme je le souhaite dans le confort, donc l’hypnose.

 

Et justement pourquoi l’hypnose ? Qu’est ce qui t’a attiré particulièrement dans l’hypnose qu’est-ce que tu en savais à ce moment là ?

A la base je n’en savais rien. C’est lors d’un soin avec un médecin pour une pose de drain 

Thoracique que j’ai pu accompagner une patiente pour la détendre durant le soin et à la fin

du soin la patiente m’a demandé quand est-ce que le soin commençait, alors que c’est quand même quelque chose de traumatique et le médecin n’a passé que 3 mg de morphine, donc sans le savoir j’ai fait de l’hypnose sédation et il m’a dit “Laetitia va faire ton école”.

Je lui ai dit que je le ferai quand ça marchera sur les enfants, quand je serai en capacité de pouvoir le faire sur les enfants. Les enfants sont plus réceptifs, ça a marché et donc je suis partie faire l’école d’hypnose chez MHD.

 

Peux-tu me parler de ta formation, comment ça s’est passé pour toi ? Qu’est-ce que tu as appris ?

Alors j’ai appris beaucoup de choses très intéressantes. C’est vrai qu’au départ ça fait un

peu peur de se dire « je ne sais pas »,  « il va falloir apprendre » et en fait il y a toute une

équipe qui nous accompagne ; on est bien accompagné pour bien répondre à nos attentes et nous mettre à l’aise pour les protocoles, pour les mises en situation. Du coup ça donne envie d’avancer, d’apprendre et d’évoluer.

 

Il y a plusieurs niveaux dans cette formation est-ce que tu pourrais me dire justement ce que tu savais faire à l’issue du premier niveau ? comment tu as progressé et avancé ?

Alors je vais parler plus par niveau. Au niveau praticien hypnose, j’arrivais à pouvoir accompagner quelqu’un en état d’hypnose, à pouvoir le réveiller et à pouvoir identifier son état d’hypnose.

Ensuite il y a le niveau maître praticien où là j’étais en capacité de pouvoir accompagner diverses personnes suivant les problématiques, avec les protocoles bien évidemment.

Atelier d'hypnose Ericksonienne

Participez au prochain atelier organisé par MHD formation et l'école d'hypnose Paris.

Si je résume ce que tu es en train de dire : à la fin du premier niveau tu acquiers la capacité à mettre en hypnose et au deuxième niveau, à accompagner vraiment.

Oui, encore plus en profondeur, en ayant des attentes d’accompagnement différentes que sur le premier niveau. 

Tu veux dire des attentes plus diversifiées ?

Plus diversifiées et je dirais avec une position un peu plus certaine du métier. 

Laetitia, tu exerces actuellement comme hypnothérapeute donc dans un centre de soins, un hôpital, dans une clinique ; est-ce que tu pourrais nous citer ou nous donner quelques exemples d’anecdotes de ta pratique ?

Oui il y en a plusieurs mais deux plus marquantes :

il y en a une où j’ai accompagné un couple en salle de naissance pour des contractions. Comme je ne peux pas rester non plus tout le long de l’accouchement, j’ai donc bien situé ce que la personne voulait : diminuer l’intensité de ses contractions tout en ayant un travail efficace. Donc j’ai créé cette relation où elle devait avoir aussi confiance, une relation dans la bienveillance, l’écoute et à ce moment là je l’ai accompagné ; elle aimait la piscine, elle a une piscine chez elle donc à chaque contraction il fallait qu’elle puisse l’accompagner, l’accepter : ainsi, à chaque fois qu’elle sentait sa contraction arriver, visuellement elle allait sous l’eau, accompagner la contraction et une fois que la contraction était terminée, elle revenait à la surface, elle revenait présente dans la pièce de salle de naissance.

Plusieurs fois je l’ai accompagnée et effectivement, elle sentait le bienfait de l’hypnose parce qu’elle sentait toujours l’intensité du ventre mais sans la douleur, c’était plutôt une gêne.

Une fois que la maman a su comment faire, le papa a pris mon relais. 

Une autre anecdote assez marquante très jolie : il s’agit des bébés qui sont encore en siège, proche du terme. On parle forcément de césarienne aux mamans, forcément c’est pas comme ça qu’elles souhaitent accoucher ; alors les gynécologues m’envoient ces patientes afin de les prendre en charge pour des versions bébé sous hypnose. Sur quatre bébés, sur quatre patientes

il y a trois bébés qui se sont retournés, dont un en pleine séance. Et j’ai fait le constat que chaque patiente que j’ai pu prendre en charge, était tout en milieu aquatique : que ce soit dans un bain, dans une piscine, à la mer comme si elles se mettaient inconsciemment à la place du bébé. 

C’est très intéressant ! Et comment obtiens-tu ce retournement ? Quels sont les messages que tu envoies à la maman ou à l’enfant ?

De pouvoir se mettre en lien avec le bébé : pour que lien maternel, très fort, puisse encourager le bébé à réunir toutes ses capacités et à se tourner en toute sécurité, et que la maman puisse aussi dire “je suis dans l’eau, comment pourrais-je faire pour pouvoir donner cette impulsion là ?”.

Le fait de visualiser peut apporter quelque chose au bébé et peut-être même essayer de l’encourager à faire ce mouvement là. Sachant que les mamans, au fur à mesure où elles se détendent en séance d’hypnose, forcément elles laissent plus de place au niveau du ventre et je suggère au bébé que, à n’importe quel moment, il peut bouger parce qu’il a toute la place qu’il veut et qu’il peut faire tous les mouvements, et à ce moment-là bébé bouge. 

Superbe ! Est-ce que ça a changé des choses aussi dans ta vie, dans ta vie à toi, dans ta vie personnelle ? Est-ce que tu vois des choses comme ça ? A quoi sens-tu qu’il y a quelque chose de différent ? Ou à quoi le vois-tu ?

Oui. Par rapport à mes enfants, des fois par rapport à des crises, par rapport à des envies de mes enfants. Je me dis « Ok donc là j’ai peut-être pratiqué l’hypnose ». Je l’utilise aussi pour pouvoir détendre mes filles sur un sujet où elles ne sont pas à l’aise, de relativiser et je mets en pratique l’hypnose ou la PNL justement avec ma famille. Pour mieux comprendre, pour mieux communiquer, afin qu’il y ait une écoute et une entente.

Du coup est-ce que tu peux dire que c’est un climat familial apaisé quelque part, autant que possible, parce qu’on sait bien qu’avec des jeunes enfants, ce n’est pas toujours simple ?

Oui, plus apaisé effectivement. L’hypnose a pu gérer, a pu apaiser des situations comme un vaccin chez le médecin où j’ai pu faire diversion, donc ça m’a aidé.

 

Et dans ta profession aussi sûrement ?

Complètement.

Est-ce que tu souhaiterais envoyer un message aux professionnels de la relation d’aide et de la relation de santé aussi ?

Mon parcours je le présente ainsi : je suis Laetitia, j’ai une formation d’aide-soignante. “ah ! 🤨 ” et j’ai 10 ans d’urgences “ahhhh 🙂 ” puis maintenant je suis hypnothérapeute dans une clinique “ahhhhhh 😃 ” et ce que je tiens vraiment à dire, c’est que peu importe le métier qu’on fait, du moment où on a envie de changer. Il faut croire en soi et pouvoir continuer à avancer. 

C’est d’ailleurs une très belle réussite pour toi

Parce que j’ai mon mari qui m’a soutenu, j’ai tous les professionnels qui ont cru en moi, ma famille et moi-même. Donc il faut toujours croire en ses capacités. 

Tout à fait. Et aux dirigeants de centres hospitaliers cette fois -ci ?

De pouvoir laisser cette pratique au sein du milieu hospitalier pour pouvoir accompagner les patients, tout en pensant que on est là en soutien autant que des anesthésistes, autant que des psychologues, et que le patient est aussi soulagé par l’hypnose, qui est une méthode douce 

D’accord donc ce serait de ne pas laisser l’hypnose de côté mais de vraiment l’intégrer de plus en plus ?

Autant aux blocs opératoires, autant sur la chirurgie, la maternité voire même sur le deuil périnatal qui est important  

D’accord et toi qu’est-ce que tu fais aujourd’hui ?

Alors maintenant ça fait neuf mois, je suis hypnothérapeute à la clinique Majorelle de Nancy et

je prends en charge les patients de la chirurgie pour l’accompagnement du cancer du sein. C’est une clinique qui est basée sur la femme sur la chirurgie mammaire pour les cancers du sein. Là je peux assister au bloc opératoire pour une hystéroscopie.

Et concernant la maternité, je m’occupe aussi tout ce qui touche à la périnatalité, le deuil périnatal, malheureusement où je peux accompagner aussi les parents. 

Et autour de l’accouchement aussi, je suis le plus là en salle de naissance pour préparer la

maman sur les contractions ; papa en général qui ne sait pas trop trouver sa place ; donc à ce moment là le papa va se synchroniser à moi et j’accompagne la maman durant les

contractions, où elles sent forcément moins les contractions. Et à un moment je cède la place au papa qui pour qu’il accompagne sa femme lors des contractions.

 Donc quelque part tu formes à l’hypnose un petit peu ?

Je forme à l’hypnose puis c’est aussi le fait que le papa puisse participer à accompagner la

maman sereinement dans ses contractions afin que le travail puisse avancer un peu plus délicatement et plus vite. 

Comme on le voit, il y a encore  effectivement beaucoup de travail à faire, il y a beaucoup de champs encore à explorer et d’ici, j’oserais dire d’ici à ce que ce soit complètement généralisé sur tout le territoire, il y a encore du travail.

Après j’ai beaucoup de chance de travailler avec des chirurgiens, des gynécologues, des obstétriciens puis toute l’équipe médicale qui me font entièrement confiance et il y a eu beaucoup de réussites, y compris sur les personnes à accompagner pour les fausses couches,

pour les IMG ( interruption médicale de grossesse). Voilà on passe aussi par des situations compliquées pour les parents pour le personnel et je tiens être là, autant pour les patients que pour le personnel. 

En tout cas merci beaucoup et encore une fois bravo pour cette belle réussite Laetitia.

De rien et merci à toute l’équipe de MHD. 

Retrouvez également l’article  ETUDE DE CAS : L’HYPNOSE À LA POLYCLINIQUE MAJORELLE