RENDRE CONSTRUCTIVE LES CRITIQUES SUR SOI

L’enjeu est d’éviter de (trop) souffrir et/ou de réagir avec agressivité lorsque l’on m’adresse une critique.

Une critique peut s’exprimer sous de multiples formes :
dénigrement (dépréciation, diffamation, etc.),
généralisation (attribution d’une défaillance ponctuelle comme trait de caractère habituel),
moralisation (jugement d’une personne en fonction d’un jugement de valeur),
comparaison (en termes de beauté, richesse, réussite etc.),
reproche (stigmatisation d’une chose que j’ai dite ou faite – ou manquée),
ordre (demande de faire ou dire quelque chose de différent),
insulte, etc.

Une critique trouve en général son origine dans une croyance, un refus d’endosser la responsabilité de ses sentiments (quand on attribue une émotion à une cause extérieure à soi) ou une insatisfaction de besoins personnels. Selon Marshall B. ROSENBERG, elle a un caractère “aliénant” ; elle génère une combinaison d’émotions limitantes, de pensées négatives et de comportements défensifs chez celui/celle qui la reçoit.

Une critique a un impact direct sur l’estime de soi de celui/celle à qui elle s’adresse, car elle affecte son évaluation de soi en lui renvoyant “un miroir négatif” sur son importance et ses capacités.

Lorsque je reçois une critique, je peux essayer :
d’approfondir ma connaissance de moi-même en postulant que mon interlocuteur met peut-être en exergue l’une de mes particularités dont je n’ai pas conscience : “Qu’ai-je appris de mon erreur (et comment puis-je ajuster ma façon de procéder) ?”
d’exercer ma faculté d’empathie à l’égard de mon interlocuteur en tentant de comprendre son point de vue et de ressentir la même chose que lui : “Comment vais-je lorsque je me glisse ‘dans la peau de l’autre’ ?”

Concrètement, je peux essayer de recentrer l’échange en :
cherchant un moment critique où je peux faire prendre un tour plus serein à notre échange ;
prenant du recul (par exemple en inspirant un grand coup ou en expirant lentement ou en faisant un pas sur le côté etc.) ;
endossant le point de vue de mon interlocuteur : “Qu’ai-je fait qui puisse être qualifié de stupide, bête, lâche, brutal, abusif, malhonnête… ?” ;
invitant l’autre à dire quelle action il souhaiterait que j’accomplisse ;
vérifiant si sa demande est bien “CRAPPO”1 ;
ne portant aucune attention aux éventuels reproches suivants (par exemple en me concentrant sur un souvenir agréable etc.).

Et bien sûr, en utilisant la reformulation à chaque occasion.

© Claire Lhuissier