L’EMPATHIE Des origines à l’écoute

Le terme empathie désigne la faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui.

Au siècle des Lumières, Adam Smith, professeur de psychologie morale écossais et Emmanuel Kant, philosophe allemand, envisagent une notion annonciatrice de l’empathie.

Pour Adam Smith, l’empathie est d’autant plus viable que chacun s’y soucie plus d’autrui que de soi-même.

Emmanuel Kant, quant à lui, estime que c’est le pouvoir de se mettre à la place des autres et d’avoir, de cette manière, accès à l’universel.

Le mot empathie trouve son origine dans le mot “einfühlung” que l’on trouve dans les ouvrages de psychologie et d’esthétique de Théodore Lipps, professeur de psychologie allemand. D’après Lipps, nous comprenons l’art et, par extension, la conduite d’autrui par un processus affectif.

Edmund Husserl, pour sa part, rejoint le concept d’Emmanuel Kant en élaborant la notion d’empathie en tant que faculté d’inclure dans son propre environnement celui d’autrui.

Les degrés de l’empathie.

D’après Elisabeth Pacherie, Directeur de recherches au CNRS et chercheur en philosophie, il y a trois degrés d’empathie :

1. la compréhension du type d’émotion;

2. la compréhension de l’objet de l’émotion;

3. la compréhension des émotions et de leurs raisons.

Les 3 niveaux d’exercice de l’empathie.

1. l’attitude empathique;
grande disponibilité et réelle attention à l’autre ;

capacité à identifier et comprendre la nature des émotions ;

lucidité nécessaire à la compréhension des raisons des émotions ;

capacité à favoriser l’expression des émotions ;

compétence pour parler des émotions exprimées.

2. le comportement empathique : recherche le partage de quelque chose, cherche à avoir un dialogue plus approfondi;

3. la conscience empathique : on a appris à être à l’écoute de ses propres émotions, ce qui permet de deviner ce qu’elles peuvent déclencher chez l’autre.

L’empathie et l’écoute.

Carl Rogers, psychologue humaniste américain, est le premier à faire des travaux et des expériences sur l’empathie. Il en ressort que le principal champ d’application de l’empathie se trouve dans la relation d’aide et de l’approche de la psychologie non directive.

D’après Rogers, l’empathie se caractérise par :

une sensibilité qui est subordonnée aux intérêts d’autrui, qui est considéré comme le centre de tout ;

une sensibilité sociale ;

une réception aux réactions d’autrui ;

une participation à l’expérience d’autrui sans se limiter aux aspects purement émotionnels ;

une appréhension de l’expérience à partir de l’angle de la personne qui l’éprouve, tout en étant émotionnellement indépendant.

Carl Rogers estime que l’être humain est capable, face à une situation problématique, de s’autoévaluer, s’auto-actualiser et de trouver sa solution en lui-même. Selon lui, le thérapeute doit stimuler le potentiel de son patient afin qu’il trouve sa propre solution.

Les grandes lignes de conduite posées pour un entretien par Rogers sont les suivantes :

le thérapeute doit avoir conscience de la relation qu’il vit avec son patient ;
le respect inconditionnel de son patient ;
la compréhension empathique.

La notion d’empathie a pris une grande importance dans le cadre de la relation d’aide. Elle sous-entend de faire une place à l’autre. Lorsque le patient se sent pleinement reconnu, on sait que l’objectif de l’écoute empathique est atteint.

L’écoute empathique est un puissant levier dans les relations humaines, elle permet de se sentir mieux ensemble, de trouver des solutions, de prendre des décisions favorables et d’aller de l’avant.

L’écoute empathique est donc le chemin, parfois difficile, qu’il faut emprunter pour rencontrer l’autre et cela, de manière désintéressée.

© Carol Flamand