DEVELOPPER DE LA BIENVEILLANCE ENVERS SOI-MEME AVEC L’ENNEAGRAMME

Après une rapide présentation, nous allons aborder le fonctionnement de l’ennéagramme afin de découvrir en quoi il permet de développer de la bienveillance envers soi-même.

1- Définition

1. Le symbole

Enneagramme et bienveillance - MHD Formation

L’ennéagramme, qui vient du grec gramma (figure) et ennea (9), est à l’origine un symbole constitué d’un cercle avec 9 points équidistants sur sa circonférence. Chaque point est nommé par un numéro de 1 à 9. Les points sont ensuite reliés par des lignes intérieures, formant deux figures géométriques distinctes : un triangle (3-6-9) et un hexagone (1-4-2-8-5-7), comme le montre le schéma ci-dessous. Ce symbole est ancien et on retrouve ces traces 2500 ans avant J.C.

2. L’outil

L’ennéagramme est aussi un outil d’aide à la connaissance de soi et à la transformation personnelle. On parle alors de l’ennéagramme des personnalités qui utilise le symbole décrit précédemment. L’origine de cet outil est plus flou, car il semble qu’il ait été pendant longtemps enseigné uniquement selon la tradition orale. Il est généralement admis qu’il était déjà enseigné par les soufis (mystiques du Moyen-Orient) au XIVème siècle.

Les 9 points représentent alors 9 grands profils de personnalité, 9 visions différentes du monde. L’équidistance entre les points est une manière de montrer que les 9 profils ont exactement la même valeur, aucun n’est supérieur à un autre.

Mais l’ennéagramme ne se contente pas de mettre la personne dans une des 9 cases : c’est aussi un outil dynamique qui prend en compte le fait que chaque profil est aussi influencé, en fonction des circonstances, par :
les 2 autres points auxquels il est relié par une ligne (les “flèches”)
les 2 points à ses côtés, c’est à dire le chiffre qui le précède et le chiffre qui le suit (“les ailes”)

Enfin chacun de ces types peut être plus ou moins présent chez la personne, notamment en fonction de ses expériences et de son niveau de conscience.

2- Le fonctionnement

ENNEAGRAMME fonctionnement

1. Les 3 centres

L’énnéagramme utilise le concept très ancien des 3 centres et considère que l’être humain à 3 moyens de s’exprimer :
le centre émotionnel,
le centre mental
et le centre instinctif.

Le centre instinctif (CI) cherche avant tout à préserver notre être : “Comment survivre ?”
Le centre émotionnel (CE) est, comme son nom l’indique, le lieu des émotions et de l’affectivité : “Qui suis-je ?”
Le centre mental (CM) cherche à donner un sens à soi-même et au monde : “Comment gérer ma peur ?”

Chaque profil à un centre préféré, tout en étant bien entendu capable de mobiliser les 3 centres :
Les types 2, 3 et 4 -> le centre émotionnel
Les types 5, 6 et 7 -> le centre mental
Les types 8, 9 et 1 -> le centre instinctif

2. Les ennéatypes

Chaque numéro ou type est aussi appelé ennéatype. Il est principalement défini par l’évitement inconscient sur lequel la personne s’est construite :

Le 1 évite à tout prix l’erreur
Le 2 évite à tout prix de reconnaître ses propres besoins
Le 3 évite à tout prix l’échec
Le 4 évite à tout prix la banalité,
Le 5 en retrait du monde, évite à tout prix l’envahissement
Le 6 qui doute de tout, évite à tout prix de se faire exclure du groupe
Le 7 évite à tout prix la souffrance
Le 8 évite à tout prix la faiblesse
Le 9 évite à tout prix le conflit

3. Le type dominant ou “base”

Le mécanisme dominant de notre personnalité, que nous appelons “base” est mis en place au cours des premières années de l’enfance. Il résulte de la direction (intérieure, extérieure ou mixte) que nous donnons à la résolution de la problématique posée par notre centre principal (instinctif, émotionnel ou mental).

Ce qui est particulièrement intéressant dans le fonctionnement de l’ennéagramme, c’est qu’il est centré non pas sur nos comportements, mais sur les motivations inconscientes qui en sont l’origine. En effet, ce n’est parce que 2 personnes adoptent un comportement identique, qu’elles le font pour les mêmes raisons. Chacun des 9 profils peut donc avoir le même comportement mais, pour des raisons différentes.

Exemple : à l’annonce d’un délai raccourci pour remettre un document les personnes de l’équipe peuvent toutes se mettre en colère :
La personne qui a une base en 1 par peur de ne pas être à la hauteur et de ne pas pouvoir rendre un travail parfait comme il est normal (voire indispensable) de le faire pour elle.

La personne qui a une base en 2 parce qu’elle ne pourra pas satisfaire son patron et qu’en plus il l’empêche ainsi de rendre service à ses collègues.

La personne qui a une base en 3 parce qu’il ne pourra pas briller aux yeux de son patron et des autres en rendant un travail moins abouti.

Et ainsi de suite pour les autres bases de l’ennéagramme…

3- L’ennéagramme comme outil de bienveillance (envers soi-même)

Comme nous l’avons vu, l’ennéagramme des personnalités nous invite à regarder non pas ce qu’on fait, mais bien pourquoi on le fait. C’est-à-dire : éviter à tout prix les situations que l’on estime être génératrices de stress, ou rechercher celles qui représentent pour nous un confort.

La découverte de l’ennéagramme apporte souvent beaucoup de confort aux personnes qui ont des difficultés à accepter certains aspects de leur personnalité, voire qui sont en colère contre elles-mêmes.

1. 1ère étape de la bienveillance envers soi : la connaissance de soi

En déterminant ce que nous voulons à tout prix, nous allons pouvoir déterminer notre base et ainsi faire un premier pas dans la compréhension de nous-même. La découverte de “sa” base est souvent un moment d’émotions où se mêlent la surprise et l’évidence. L’ennéagramme va nous permettre d’accéder à nos mécanismes inconscients qui nous font agir. Il met notamment en évidence :

nos croyances inconscientes
nos ressources inconscientes et conscientes

L’auto-observation, au jour le jour, de ses propres comportements permet de se connaître chaque jour un peu plus.

2. 2ème étape de la bienveillance envers soi : l’acceptation de soi

La connaissance de soi est le premier pas vers l’acceptation de soi.

Référence interne
la compréhension de nos fonctionnements mis en lumière par l’ennéagramme facilite leur acceptation.
savoir à quel(s) besoin(s) nous répondons quand nous agissons permet d’être plus indulgent vis à vis de nos comportements et à vis de nous-même.
enfin l’ennéagramme nous propose des solutions pour interrompre un processus qui nous déplaît, sans entrer en guerre contre soi, et en acquérir un nouveau. En ce sens, il permet une indulgence active vis à vis de soi-même et de ses propres mécanismes.

Référence externe
Pour la personne qui a besoin de référence externe, le chemin de l’acceptation de soi peut aussi passer par l’expérience des autres (livres, formations, forum).

découvrir les difficultés évoqués par une personne d’une base qu’elle envie peut permettre d’intégrer qu’on est tous différents et qu’aucune base n’est mieux qu’une autre.
écouter une personne de la même base que la sienne peut rassurer, émouvoir, amuser.
être touché par l’autre peut aussi être un moyen de se toucher soi-même, un moyen de s’accepter, puis de s’aimer.

3. 3ème étape de la bienveillance envers soi : les clés pour le changement

Enfin l’ennéagramme est un outil dynamique qui va nous permettre de changer, de faire un pas, à partir de là où on est. En nous donnant la clé qui ouvre une nouvelle porte chez nous, nous allons pouvoir explorer des alternatives qui ne sont pas habituellement les nôtres.

Ainsi nous allons entrer dans un cercle vertueux :

Connaissance de soi ↗ Acceptation de soi Changement

En se reconnectant à de nouvelles réalités, on va peu à peu gagner en liberté face aux mécanismes de notre personnalité. On va apprendre à anticiper nos comportements sous l’effet du stress afin d’éviter ses manifestations négatives chez nous. On va également apprivoiser nos forces et nos faiblesses et élargir ainsi nos compétences.

Exemple de transformation

Monsieur Jean TILOUI est l’archétype d’une personne en base 2. Il évite à tout prix de reconnaître ses besoins. Sa croyance inconsciente est “je ne pourrai jamais être aimé autant que je le voudrais, je n’existe que si je suis utile”, “plus je donne, plus je reçois, mieux je me sens”. Il est fier de l’amour et de l’aide qu’il apporte aux autres. Son désir est d’être aimé. Même si il prétend le contraire, il désire qu’on soit reconnaissant de ce qu’il fait. Il peut se montrer possessif, jaloux et culpabilisant. Il va développer des stratégies pour supprimer tout comportement qui pourrait conduire à interrompre la relation ou simplement entrainer la désapprobation des autres. Il est arrivé en formation épuisé et frustré que tous ses efforts relationnels ne lui permettent pas de satisfaire ses besoins (inconscients) ; et il se dit qu’il va pouvoir aider les autres stagiaires !! Avant de découvrir l’ennéagramme Monsieur Jean TILOUI ne disait jamais non et il rendait de nombreux services autour de lui sans se soucier de ses propres besoins ni de sa santé. Quand sa femme se plaignait de son manque d’implication dans leur vie quotidienne, il s’énervait et la culpabilisait en lui disant qu’elle était égoïste et qu’elle ne reconnaissait pas tout ce qu’il faisait pour elle et leurs enfants. Après le stage, conscient de sa stratégie de base 2, il va pouvoir revisiter ses comportements face à une demande extérieur. Il se sent déjà mieux car ses besoins d’amour sont connus et donc en quelque sorte reconnus par l’énnéagramme. Il sait qu’il n’est pas le seul dans ce cas et peut ainsi se pardonner d’avoir ses besoins. Il se sent plus “normal”. Il arrive moins souvent en retard chez lui car il a appris à dire “Non”. Il réagit moins violemment quand il se sent rejeté. Il prend du temps pour lui et se découvre de nouveaux centres d’intérêts.

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L’outil est un moyen pour obtenir le changement désiré et c’est vous qui faîtes le boulot. Alors à vous de jouer. “La non-violence, sous sa forme active, consiste en une bienveillance envers tout ce qui existe. C’est l’amour pur.” [Ghandi]

Sources :

– TENNENBAUM Sylvie, LAUGERO Dominique & CAVE Françoise, L’ennéagramme : connaissance de soi et développement personnel, LIEU, InterÉdition, 1998, 252 p. (ISBN 978-2-72960-704-3)

– VIDAL Jean-Philippe & DEPETRIS Nicolas, Découvrir l’ennéagramme simplement, http://www.enneagramme-envolutif.com , 2012, 64 p.

– CHABREUIL Fabien & Patricia, Ennéagramme, dynamique de connaissance et d’évolution, eBook, http://www.enneagramme-envolutif.com, 2002, 86 p.

©Véronique Boulmé-Gack